France en Afrique sahélienne : faut-il anticiper un départ précipité ?


Photo : Afrique confidentielle

Depuis quelques mois, voire quelques années, la France et ses soldats sont suspectés et même accusés ouvertement de jouer un double jeu dans l’insécurité qui prévaut aujourd’hui dans le Sahel.

Les hommes de l’Armée française laisseraient faire les djihadistes pour pérenniser leur propre présence dans la région et y exploiter discrètement d’abondantes ressources.

Les manifestations contre la présence française se succèdent dans certaines capitales sahéliennes mais les dirigeants de ces pays ne sont pas prêts à se passer des guerriers déployés par Paris.

Il y a un peu plus d’un quart de siècle au Rwanda, les troupes belges de la Mission des Nations Unies étaient aussi accusées d’être de mèche avec les rebelles majoritairement tutsis.

Le « sentiment anti-belge » avait été alimenté par des médias proches de l’ancien parti unique et des radicaux au sein de l’armée gouvernementale qui résistaient aux changements politiques dans le pays.

Lorsque le chef de l’État a été assassiné le 6 avril 1994, les Belges ont été accusés de ce crime avec les Tutsis. Dix casques bleus belges ont été lynchés par des soldats de l’armée rwandaise dans un camp militaire et la Belgique a retiré son bataillon, les autres pays fournisseurs de troupes à la mission des Nations Unies ont suivi. La guerre a repris et le génocide contre les Tutsis a été commis.

En Somalie et avant cela au Liban, face à des pertes importantes de soldats, les USA ont retiré leur contingent. Idem pour la France au Liban.

Dernièrement 13 soldats français ont perdu la vie dans un accident d’hélicoptère et le président Macron a demandé aux Sahéliens de clarifier leur position par rapport au « sentiment antifrançais ». Pour le moment, les troupes restent sur place et continuent d’appuyer les armées locales. Pour le moment : si le coût en vies françaises – militaires mais aussi civiles – augmentait fortement – Dieu nous en garde – et qu’il devenait insupportable, Paris pourrait plier bagages et laisser les locaux se débrouiller entre eux et avec les djihadistes.

Ceux-ci le savent et les Sahéliens devraient peut-être anticiper un départ précipité du parrain français. Prévoir un Plan B, car on ne sait jamais…

« Impossible n’est pas français », entendions-nous dans le temps.

NKB-D

Cet article, publié dans afrique, France, rwanda, est tagué , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s