L’ancienne armée rwandaise et les mariages « mixtes » hutu -tutsi


À gauche sur la feu Sylvestre Mudacumura, derrière feu Juvénal Habyarimana, très probablement en octobre 1990, après l’invasion armée par les rebelles rwandais majoritairement tutsis

Après la fin brutale du chef des rebelles rwandais Sylvestre Mudacumura, tué visiblement alors qu’il s’apprêtait à prendre un repas, nous avons repensé aux anciennes Forces armées rwandaises (FAR). Cette armée était considérée comme un bastion des Hutus du nord et nord-est du Rwanda.

Quand on posait la question de la prédominance de certains dans cette armée, feu Juvénal Habyarimana expliquait que c’est parce qu’ils réussissaient les tests physiques. Les autres n’arrivaient pas à courir très longtemps avec tout l’équipement d’un bon soldat.

Il y aurait une autre explication à savoir que les autorités de l’immédiat après indépendance ont tenu à ce que l’armée nationale soit sûre, pure ethniquement pour que l’ennemi monarchiste (présumé essentiellement tutsi) n’y ait pas des taupes. Pour ce faire, il fallait non seulement que les hommes soient certifiés hutus mais aussi, d’après de très nombreux témoignages que leurs épouses le soient.

Les élues des cœurs des jeunes officiers devaient être approuvées pour que les unions matrimoniales soient consacrées.

Comment faire pour s’assurer que la personne concernée était bien de l’ethnie souhaitée, étant donné que la mention des dites ethnies dans les documents administratifs (01, 02 et 03) n’était pas jugée sûre à « 100% » ?

Des enquêtes étaient menées sur les collines d’origine où chacun sait qui est quoi assez précisément.

On dit aussi que c’est pour cela que les épouses des officiers rwandais de jadis étaient présumées hutues mais que les copines/petites amies/maîtresses/ »deuxièmes bureaux »/etc. étaient présumées tutsies.

C’est fini tout ça… tous Rwandais ?!

NKB-D 19/09/2019

Umuyobozi wa FDLR Mudacumura Sylvestre yishwe (Imvaho Nshya, Kigali)

Les vérifications de l’ethnie véritable ne se limitaient pas qu’aux fiancées des guerriers, les généalogies des (hauts) fonctionnaires étaient aussi examinées et il est arrivé que des dossiers soient rectifiés, de hutu à tutsi. Ce n’était pas banal puisque du jour au lendemain, l’intéressé et sa famille se retrouvait dans une présumée minorité de 9% de la population à laquelle s’appliquait des quotas dans le recrutement, etc.

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