Retraite à Gabiro : Kagame pose et se pose beaucoup de questions


Ce week-end à Gabiro dans l’est du Rwanda, les plus hautes autorités du pays se sont retrouvées pour le 16e Mwiherero (retraite).

Nous avons écouté avec attention les observations du chef de l’État rwandais.

Comme nous l’avons mentionné dans le titre, le président Kagame s’est interrogé sur de nombreux sujets mais il a consacré le plus de temps sur les tensions avec les pays voisins et en particulier celles avec l’Ouganda qui sont les plus récentes.

En commençant, M. Kagame a expliqué qu’il n’allait pas lire le discours parce qu’il ne le comprenait pas bien.

Il a ensuite évoqué les difficultés de la lutte et celles vécues par le pays qui nous obligent à nous dépasser, à ne pas agir comme si de rien était.

Dans les nombreuses questions formulées, il y avait celle concernant des élèves qui traversent une frontière pour se faire circoncire dans un pays voisin, la cimenterie CIMERWA qui fait perdre de l’argent à l’État, les travaux de construction au poste frontière de Gatuna à la frontière avec l’Ouganda, l’importation de poulets et d’oeufs , etc. Les ministres concernés (Santé, Agriculture-Elevage, Industrie, Commerce, Éducation, Affaires étrangères, etc.) n’ont pas pu répondre grand chose.

Mais comme nous le disions, le plat de résistance a été les tensions avec notre voisin ougandais.

Le problème ne daterait pas d’aujourd’hui selon le président Kagame qui est remonté jusqu’à 1998 et la mort de l’ancien ministre de l’intérieur et son compagnon de lutte Seth Sendashonga. Celui-ci aurait dépassé une ligne (rouge) en coopérant avec des généraux ougandais. Il n’a pas donné de détails sur l’assassinat de M. Sendashonga mais a dit qu’il n’avait pas de regret par rapport à cela. Il a invité son audience à lire un livre de Gérard Prunier dans lequel la rencontre entre Sendashonga et les officiers ougandais est évoquée.

Il a aussi affirmé que c’est le même problème avec l’homme d’affaires et ancien financier du Front patriotique rwandais (au pouvoir depuis 1994) Tribert Rujugiro Ayabatwa qui a des investissements en Ouganda mais qui financerait la déstabilisation du Rwanda. L’Ouganda laisserait faire.

Aujourd’hui, l’Ouganda de Museveni fermerait les yeux sur les activités hostiles du Rwanda National Congress (RNC) de Kayumba Nyamwasa, un ancien compagnon d’armes du président Kagame, ex-chef d’état-major et ancien patron du renseignement militaire à l’époque de la guérilla.

Le chef de l’État rwandais a informé les participants à la retraite qu’il avait évoqué ces problémes avec son homologue ougandais notamment la question de l’arrestation de centaines de Rwandais mais celui-ci aurait dans un premier temps feint de ne pas être au courant. Par la suite, il aurait tenté de justifier les mesures prises contre ces personnes. D’après le président Kagame, les services de sécurité ougandais œuvrent de concert avec le RNC pour harceler les ressortissants rwandais qui refusent de s’opposer au pouvoir de Kigali.

Pour ces raisons, les autorités rwandaises déconseillent aux Rwandais de se rendre en Ouganda.

M. Kagame s’est surtout exprimé en anglais après le début en kinyarwanda.

NKB-D

Le Chef a reconnu qu’il a été très souvent en déplacement hors du pays mais qu’il avait délégué les dossiers à son équipe.

Notre petite question : À quand remontent les derniers Conseils du gouvernement ?

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