Recensement des Hutus et des Tutsis : l’approche burundaise et la rwandaise


Dernièrement des ONG œuvrant au Burundi ont été confrontées à l’obligation de recenser l’appartenance ethnique de leurs employés locaux. Certaines ont refusé ce fichage ethnique et elles ont décidé de quitter le pays.

Au Burundi, le partage du pouvoir se traduit concrètement par le partage des postes dans les administrations, l’armée, la police, etc. Le gouvernement a imposé qu’il en soit de même dans les organisations non gouvernementales.

Ce système était en vigueur au Rwanda jusqu’en 1994 et était qualifié d’ « équilibre ethnique ». Depuis le génocide des Tutsis, la pratique est bannie parce qu’elle est considérée génocidaire en soi par le pouvoir rwandais.

Au Rwanda, l’appartenance ethnique n’intervient plus officiellement dans le recrutement des fonctionnaires, des militaires, policiers, etc.

Dans les faits, le gouvernement, la fonction publique, l’administration territoriale, etc. tient compte des deux ethnies principales mais il n’y a pas de proportion 10% – 90% (au Rwanda avant 1994), 20 – 80 ou 40 – 60 (comme au Burundi) ou autres.

En théorie, l’ethnie n’est pas mentionnée dans les documents d’identité mais certaines catégories de la population doivent être répertoriées selon ce critères.

Il s’agit notamment des rescapés du génocide des Tutsis qui bénéficient entre autres, d’une aide pour la scolarisation et sont représentés par des associations de défense de leurs intérêts moraux et matériels.

De plus un long séjour ou la naissance hors du Rwanda entre 1959 et 1994 est un indicateur assez fiable de l’appartenance à l’ancienne communauté des réfugiés essentiellement tutsis.

Depuis 1994, les millions de Rwandais qui sont nés dans les frontières des 26 338 km2 de leur pays, ne devrait pas savoir qui est qui… si leurs parents ne leur racontaient pas l’histoire familiale.

Avant le partage du pouvoir entre Hutus et Tutsis au Burundi, il n’y avait pas de recensement ethnique dans ce pays mais le système était dominé par les Tutsis du sud. Il n’y avait pas de mention ethnique dans les documents d’identité/administratifs mais les gens se « connaissaient « .

En quelque sorte, les deux pays – faux jumeaux – ont échangé : « équilibre ethnique » contre « neutralité ethnique ».

Les 2 approches n’ont pas empêché les assassinats politiques, la guerre civile et les massacres génocidaires. Les 2 pays sont aujourd’hui en paix. Paix armée.

Qu’en pensez-vous ?

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