L’épouvantail du génocide des Batutsi pour terroriser les rebelles


Le 7 avril, sera commémoré pour la 23e fois le génocide des Tutsis au Rwanda. L’occasion de réfléchir à notre Histoire, à nos histoires personnelles et à nos autres petites histoires.
 Après le renversement de la monarchie en 1960 (coup d’État) et 1961 (référendum), des dizaines de milliers de Rwandais essentiellement tutsis sont déplacés dans le pays et d’autres trouvent refuge dans les pays voisins.

Les monarchistes forment une milice rebelle qui attaque régulièrement le pays surtout dans la partie sud.

Mais en décembre 1963, les assaillants parviennent à proximité de la capitale et c’est la panique dans le nouveau régime républicain. 

L’attaque est repoussée mais les Tutsis restés dans le pays subissent des représailles malheureusement considérées logiques par les autorités. 

On cite très souvent à ce sujet le discours du président Grégoire Kayibanda adressé aux réfugiés. 

Kayibanda n’y dit pas qu’il protégera toute la population mais qu’une partie d’entre elle risque l’annihilation si les rebelles monarchistes poursuivent leurs attaques et parviennent un jour à prendre la capitale. 

Il semble que c’est de « bonne guerre » à l’époque de défendre la République, coûte que coûte. 

Pour le pouvoir actuel, c’est un plan génocidaire. De grands intellectuels de renommée mondiale tels que Jean-Paul Sartre évoquent déjà à l’époque un génocide. 

Retour à octobre 1990, une nouvelle génération de rebelles rwandais attaque le pays depuis l’Ouganda. 

Immédiatement, les Tutsis de l’intérieur et des potentiels opposants hutus  considérés comme des complices sont arrêtés par milliers dans la capitale et d’autres villes. 

Sur les collines, dans les campagnes, comme dans le Mutara des massacres de Tutsis/Hima ont lieu. Il s’en produira ensuite dans le nord- ouest à Ngororero notamment. 

On sait d’emblée que toute prolongation de cette nouvelle  guerre entraînera des tueries importantes parmi la population tutsie. Pas besoin d’un plan. 

Comme dans une prise d’otages. En cas d’attaque des forces de l’ordre, les otages sont tués par leurs « gardiens » ou par les tirs croisés et les balles « perdues ».

Si la guerre se poursuit et surtout si ça tourne à l’avantage des rebelles, les forces gouvernementales ne feront rien ou pas grand chose pour empêcher l’annihilation des Tutsis et des personnes associées et assimilées. En certains endroits, elles prêteront main-forte aux bourreaux. Là où les victimes résistent.

Le commandement des troupes rebelles du Front patriotique rwandais savent que tout progrès militaire s’accompagnera non pas d’assassinats ciblés mais de massacres indiscriminés. 

Les autorités françaises qui soutiennent le pouvoir du président Juvénal, l’auraient répété  à Paul Kagame alors qu’il est retenu brièvement par erreur en France.

Les États-Unis qui soutiennent la rébellion, estiment les victimes civiles de la reprise des hostilités en avril 1994 à quelques dizaines de milliers…

Il ne faudra pas attendre le mois de juillet et le contrôle total de la capitale et du reste du pays pour savoir que ce sont des centaines de milliers de Tutsis qui ont déjà  perdus la vie. 

Le chantage au génocide ne  fonctionne pas. Les rebelles ne fuient pas en panique, terrorisés par l’horreur et l’ampleur des massacres comme la Radio Télévision Libre des Mille Collines (RTLM) le claironne au mois de mai. 

Le plan génocidaire, il est là : aucune distinction entre les rebelles armés et leurs familles restées au pays, la définition de l’ennemi est très large parce que le petit Kagame de 1960 et devenu grand et il est de retour en 1990.

Voilà pourquoi on n’épargne même pas les tout petits ni leurs mères et que le génocide annoncé  se réalise.

NKB-D #Kwibuka23

Déjà, en 1963, à Gikongoro… (Jean-Paul Kimonyo dans Jeune Afrique)

MESSAGE DU PRÉSIDENT GRÉGOIRE KAYIBANDA AUX RÉFUGIÉS RWANDAIS, Mars 1964

« Qui est génocide ? », aujourd’hui cette expression nous paraît saugrenue mais il y 50 ans, le terme était encore récent et moins utilisé qu’aujourd’hui. 

Qui est génocide ? comme on demanderait qui est fratricide/parricide/enfanticide/ethnocide/insecticide/etc. ? 

Feu Grégoire Kayibanda – qui a fait du latin au petit séminaire -a pris ce terme pour un adjectif qui qualifie celui qui tue un groupe ethnique.

Mais placide n’est pas celui qui tue le pla – pardonnez-moi – c’est un synonyme de calme, paisible ou tranquille.

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