Génocide des Tutsis au Rwanda: Sept jours à Kigali



« 7 jours à Kigali » (60 mn)

LA SEMAINE OÙ LE RWANDA A BASCULÉ
Un documentaire de Medhi Ba et Jeremy Frey
© Ladybirds Films – 2014
filmsdocumentaires.com

L’interview de Valérie Bemeriki
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Le film-documentaire « Sept jours à Kigali » qui revient sur les sept premiers jours du génocide des Tutsis dans et autour de la capitale du Rwanda a été projeté le 31 mai dans les locaux du Centre d’Information des Nations Unies à Dakar en hommage au capitaine de l’armée sénégalaise Mbaye Diagne mort il y a 22 ans au Rwanda. L’évènement a eu pour cadre la salle qui porte son nom.

Le film a été conçu dans le cadre de la 20e commémoration du génocide des Tutsis au Rwanda en 2014.

Les témoignages du documentaire

La future épouse rwandaise d’un expatrié français a raconté comment, alors qu’elle était au bord d’une fosse où on jetait les victimes du génocide, elle a vu un milicien écraser la tête d’un petit enfant en le piétinant. Elle l’avait supplié d’épargner l’enfant dont on venait de tuer la mère.

L’ancienne animatrice vedette de la Radio Télévision Libre des Mille Collines (RTLM créée l’année précédent le génocide) Valérie Bemeriki est frappante à plus d’un titre : son visage a l’air boursouflé, il porte des tâches plus sombre et comme elle était filmée de près son absence de grâce tranche avec ceux des rescapés. Quand elle explique l’esprit dans lequel les massacres étaient perpétrés et son propre rôle, elle ne prend pas de distance et s’exprime comme si rien n’avait changé, en évoquant un ennemi – sans préciser les combattants du FPR – qu’il fallait combattre coûte que coûte.

Faustin Kagame est présenté comme un journaliste au favorable au FPR et qui a été exfiltré du bâtiment du Conseil national du développement (parlement). Nous n’avons pas entendu expliquer que cet endroit était le cantonnement d’un bataillon de 600 soldats du FPR qui assurait la protection de cadres du FPR qui aurait dû participer aux organes de la transition si l’accord de paix avait été appliqué. On ne sent pas que les troupes venues de Byumba sont descendues sur la capitale pour renforcer les 600 et on ne sait combien d’autres qui s’étaient infiltrés discrètement les semaines et les mois précédent l’attentat contre Juvénal Habyarimana.

On ne le sent pas en écoutant le général James Kabarebe mais il est vrai qu’on ne peut pas tout dire en une heure surtout si on se concentre sur le génocide des Tutsis et son arrêt par l’armée dans laquelle il combattait.

Débat

Le panel:

Le co-réalisateur Mehdi Ba, le Représentant HCDH Andrea Ori, Secrétaire exécutif CODESRIA Ebrima Sall, 1ère Conseillère (Ambassadeur du Rwanda) Yvette Nyombayire Rugasaguhunga et le Directeur du CINU Damian Cardona Onses en présence l’ambassadeur du Rwanda Mathias Harebamungu

Une discussion/débat a suivi la projection du film. Parmi le panel des débatteurs, la seule dame a retenu particulièrement notre attention et celle de l’assemblée , il s’agit de la conseillère d’ambassade Yvette Nyombayire Rugasaguhunga* qui a témoigné de son expérience de rescapée du génocide qui avait 14 ans en 1994. Elle qui avait perdu sa mère à l’âge de 7, a assisté au meurtre de son père. Elle a vu son grand frère être pourchassé par des tueurs dans son quartier périphérique de Gatsata.

Elle aura la vie sauve grâce notamment à un voisin dont l’appartenance ethnique avait pu être changée et à une tante mariée à un Hutu du nord qui lui avait trafiqué des « papiers de Hutu ».

Quand le FPR prend la capitale et le reste du pays en juillet 1994, elle est dans l’ancien Zaïre parce qu’elle a dû suivre ses sauveurs, les millions de réfugiés/déplacés … et les tueurs !

* Un nom qui donne du fil à retordre aux Sénégalais dont les noms de famille dépassent rarement une syllabe (Ndiaye, Diop, Mbengue, Mbaye, Mbow, Sarr, Diouf, Niang, etc.)

Apparitions

Un couple franco-rwandais,
un général rwandais ex-rebelle,
une rescapée de Ndera,
un journaliste rwandais partisan du FPR,

un photographe-journaliste belgo-rwandais,
une ex-journaliste de RTLM condamnée pour génocide,
un ancien dirigeant de quartier de l’ancien parti au pouvoir condamné pour génocide,
un employé rescapé du Centre culturel français,
l’ex-représentant de la République Tchèque au Conseil de Sécurité de l’ONU,
un ancien membre de la force belge chargée de l’évacuation des expatriés,
Une rescapée sauvée par un Hutu musulman.

Vues aériennes de Kigali et sites représentés

Centre culturel français.
Hôpital psychiatrique de Ndera.
Hôtel Méridien.
Résidence du couple franco-rwandais à Kacyiru.
L’immeuble du Conseil national du développement.
Le quartier de Nyamirambo/Biryogo/Gitega/Nyakabanda ?

NKB – D

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Le panel

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L'ambassadeur Mathias Harebamungu

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