Hors du FPR, point de salut : le cas Bihozagara


Un ami interprète rwandais exilé comme nous mais en Amérique du Nord nous expliquait hier, à  propos de la fin tragique de l’ambassadeur Jacques Bihozagara, l’ancien représentant de l’ex-rébellion du Front patriotique rwandais (FPR) en Europe, que celui-ci avait choisi de retourner vivre au Burundi pour échapper à  la misère.

Incroyable, n’est-ce pas ?!

D’après notre interlocuteur, c’est pourtant vrai.

Après avoir été ministre et ambassadeur, M. Bihozagara a été très longtemps sans emploi gouvernemental – ku gatebe, sur la sellette – et il dut se résoudre à retourner à sa profession de vétérinaire qu’il avait pratiquee dans son exil burundais dans les années 70 et 80.

Il se serait donc mis à élever des porcs ou faire leur commerce pour fournir de la viande fraîche ou de la charcuterie à l’un ou l’autre grand hôtel de la capitale rwandaise.

D’après notre source digne de foi et dont le témoignage est étayé par d’autres, l’entreprise de l’ancien porte-parole du FPR ne prospéra pas en raison de bâtons mis dans ses roues par des anciens camarades du parti au pouvoir. Elle finit ainsi en queue de cochon.

Jacques Bihozagara s’en alla donc rechercher une hypothétique et tardive fortune dans le pays où il avait trouvé refuge dans sa jeunesse.

Il se serait remis au commerce de la viande en espérant tirer profit de ses anciennes connaissances burundaises.

Malheureusement pour lui, ses deux pays sont entrés en crise avec l’affaire du 3e mandat du président Pierre Nkurunziza et il a été incarcéré comme d’autres Rwandais pour espionnage.

Lui qui avait quitté le Rwanda parce qu’il n’en n’attendait plus grand chose aurait-t-il repris du service contre son pays d’accueil ? A-t-il été compromis ou liquidé par ses anciens camarades qui pouvaient craindre qu’il ne s’épanche ? On ne peut non plus exclure la piste d’une vengeance de victimes ou de parents de victimes rwandaises ou burundaises du régime qu’il a servi fidèlement.

Pour certains nouveaux porte-parole de Kigali, les autorités de Bujumbura ont « tout simplement » emprisonné et empoisonné un Rwandais parce qu’il était Rwandais.

Depuis hier, les sceptiques face à cette thèse officielle tweetent et postent la question « À qui profite le crime ? ».

Si crime il y a ! À ce stade personne n’envisage un mort naturelle car il était, d’après les dires de co-détenus cités par la presse, en bonne santé la veille de sa mort. Il se serait senti mal après un repas suspect !

Seule une enquête sérieuse mettrait fin aux tentatives de récupération des uns et des autres.

Requiescat in Pace Iacobus Bihozagara

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