Le choix de Kizito: la mort d’un seul plutôt que la guerre


Dans ses aveux enregistrés devant la presse le 14 avril lors de l’officialisation de son arrestation, Kizito Mihigo admet avoir dit à ses interlocuteurs comploteurs qu’à choisir entre la « guerre courte » qui aurait lieu bientôt et la mort du chef de l’État rwandais, il sacrifierait celui-ci.

C’est un choix somme toute logique et naturel quoique politiquement et patriotiquement très incorrect.  L’intéressé lui-même mis devant l’option de mourir seul et d’éviter une nouvelle guerre qui emporterait des centaines voire des milliers de Rwandais, hésiterait probablement avant de se décider.

Mais en 1994, il y a sans doute eu des individus qui se sont dit « sacrifions le chef de l’État » (de l’époque) « et nous aurons la paix ». Malheureusement le chef est mort et les Rwandais ont subi la guerre et surtout le génocide.

Si M. Mihigo a aussi reconnu qu’il avait critiqué sévèrement le régime rwandais et son premier responsable, il ne l’a pas assumé en attribuant cette opposition à l’influence que ses interlocuteurs avaient eu sur lieu.
Il a expliqué qu’avant de connaître un Gérard Niyomugabo puis Callixte Nsabimana alias Sankara, il ne pensait pas qu’on pouvait l’amener à faire ce qu’il ne voulait pas.

La défense de Kizito après dix jours de disparition forcée organisée par la police et sans avocat n’a rien d’étonnant et elle n’est pas original au Rwanda où de nombreux suspects de génocide ont affirmé devant leurs accusateurs qu’ils avaient été trompés.

Nous avons aussi appris par « l’artiste de Jésus » que les ennemis de Kagame croyaient aux fameuses prédictions de Magayane qui annoncent les pires catastrophes pour le Rwanda depuis une trentaine d’années.

NKB 19/08/14

https://m.soundcloud.com/manzism/kizito-mihigo-full-interview-and-confession

« Comment se terminera l’ère Kagamé ? Colette Braeckman rappelle l’existence d’un certain Magayane, un prophète qui avait annoncé le bain de sang avant le génocide. « Après quoi, assurait-il, le pays connaîtrait une période de prospérité sans pareille, mais qui ne durerait pas et se terminerait elle aussi dans la violence. C’est seulement par la suite, après l’intervalle de la paix et à l’issue d’une nouvelle guerre, brève et violente, que la paix reviendrait pour de bon au pays d’Imana (le dieu unique des Rwandais, ndlr) ». Une conclusion lucide, comme le reste de cet excellent petit livre. » RFI.

♦Colette Braeckman, Rwanda, Mille collines, mille douleurs, Nevicata, Bruxelles, avril 2014.
Le proverbe rwandais de la semaine: tu souhaites la mort de ta belle-mère et c’est ta propre mère qui s’en va la première.

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