Pourquoi Twagiramungu est devenu une cible de Kigali


Il y a quelques années, si l’ancien premier ministre Faustin Twagiramungu nous avait dit que des agents du régime de Kigali étaient à ses trousses pour l’éliminer nous ne l’aurions pas pris au sérieux.

Et il ne l’a jamais fait. Il s’est toujours déplacé sans précautions particulières empruntant très souvent les transports en commun au vu et su de tous ses compatriotes expatriés/exilés en Belgique.

Ce qui a changé aujourd’hui, c’est que le régime du Front patriotique rwandais a subi des revers importants en République démocratique du Congo. En 2012, la communauté internationale n’a plus de doute que le Rwanda intervient au Congo en utilisant des rebelles essentiellement tutsis congolais non pas pour se protéger des suspects de génocide rwandais et de leurs présumés alliés congolais mais pour contrôler un territoire riche et intéressants à tout point de vue.

Des pressions multiples vont être appliquées sur les autorités de Kigali pour qu’elles lâchent l’Est du Congo. Le coup de grâce sera donné par la Brigade d’intervention des Nations Unies composée de Tanzaniens, de Sud-Africains et de Malawites.

Kigali a vu les flux financiers de la coopération internationale réduits et son image a ternie par des rapports négatifs d’ONG internationales des droits de l’homme amplifiés par des grands médias anglo-saxons comme la BBC, le Guardian, etc.

En 2014, le pouvoir rwandais affaibli est semblable a une bête blessée qui est d’autant plus agressive qu’elle est désespérée.

Janvier 2014, le colonel Patrick Karegeya est assassiné en Afrique du Sud. Il a baissé la garde et ses tueurs en ont profité.

Deux mois plus tard, c’est le domicile sud-africain du général Kayumba Nyamwasa qui est pris d’assaut par des inconnus qui n’ont rien de cambrioleurs.

Kigali parle ouvertement de trahison de la part d’anciens patrons du renseignement qui ne peut être tolérée.

Karegeya aurait selon la BBC contribué à la défaite des rebelles congolais du M23. Kayumba a annoncé qu’il était prêt à révéler ce qu’il sait sur les crimes de ses anciens camarades de combat.

Twagiramungu est devenu plus dangereux lorsqu’il a envisagé de se joindre aux rebelles hutus des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda après que la Tanzanie ait suggéré, il y a juste un an, que Kigali discute avec ses rebelles comme Kinshasa et Kampala.

On en parle moins actuellement mais Kagame et son administration feront tout pour que ce qui est pour eux une abomination n’arrive jamais.

Voilà pourquoi nous ne pensons plus que Twagiramungu ne gêne que très peu ces anciens associés.

Voilà pourquoi, des discours qui ne cadrent pas avec l’idéologie dominante du FPR sont réprimés par des accusations d’atteintes graves à la sûreté de l’État, d’intelligence avec l’ennemi, de subversion et de complot contre la vie des plus hautes autorités du pays.

NKB 22/05/2014

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