Nous avons été accusés d’avoir voulu renverser le régime du FPR


Ce n’est pas une blague. À l’époque nous dirigions le Service de Presse écrite, Cinéma et Photo de l’Office rwandais de l’information (ORINFOR, entre 96 et 98). Une des 40 employés s’absentait régulièrement sans donner d’explication au point qu’elle reçut une sanction après plusieurs demandes d’explications.

Une affaire très banale mais qui n’allait pas en rester là: une autre employée rescapée du génocide comme la première nous prévient que celle-ci avait fait dactylographier une lettre au Directeur de l’ORINFOR pour nous faire décapiter c’est l’image qu’elle avait utiliser en kinyarwanda.

À l’époque, le personnel du secrétariat du Directeur de l’ORINFOR d’alors feu le major Wilson Rutayisire n’était pas très professionnel et nous avons pu obtenir la dite lettre en la demandant le plus simplement du monde. Notre subalterne sanctionnée à répétitions y expliquait que nous organisions des réunions secrètes nuitamment avec des Hutus pour renverser le nouveau régime !

Notre complot et celui ourdi contre nous-mêmes sont morts dans l’œuf quand nous avons informé le destinataire – paix à son âme – que nous étions au courant de la correspondance concernant nos activités subversives.

Dans les faits, si nous renversions quelques bouteilles et verres de bières dans nos soirées, c’était au vu et au su des passants et en compagnie aussi bien de présumés Hutus que de Tutsis présumés.

Aucune tentative d’attenter à l’ordre public ou constitutionnel.

Nous avons pu nous sortir de cette affaire et d’autres avant et après sans trop de difficultés contrairement à une connaissance qui sera accusée d’avoir voulu assassiner le général Paul Kagame Vice-Président de la République. Quand elle a été arrêtée, on a retrouvé une arme à feu dissimulée dans le véhicule qu’elle conduisait. Ça semblait tout a fait plausible parce que dans ses loisirs elle avait l’occasion d’approcher l’homme fort du pays.

L’affaire a été prise très au sérieux parce que la cible présumée était Kagame himself. C’était très plausible mais pas du tout vrai puisqu’elle sera libérée après un an de préventive. C’était un coup monté tout simplement.

NKB 22/04/2014

C’est du déjà vu. L’actuelle affaire Kizito Mihigo… il a avoué, il va demander pardon… Le président de l’Assemblée Joseph Sebarenzi accusé de subversion, le ministre Patrick Habamenshi de corruption, l’ancien Président pasteur Bizimungu d’association de malfaiteurs, l’ancien chef d’Etat-major Kayumba Nyamwasa d’atteinte à l’ordre public et à la sûreté de l’État, la liste est longue, tous accusés des pires crimes APRÈS être tombés en disgrâce vis à vis de « l’homme fort ».

N’oublions pas l’affaire Itara (la lampe) dans laquelle les services du Premier ministre en 2003 avaient été accusés de soutenir la création d’une milice anti -régime FPR au sein même de ses services.

Cet article a été publié dans Lutte contre l'intolérence, Rwanda, Grands Lacs, Afrique, Terre.. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s