Le régime de Kigali fait chanter ses présumés génocidaires


C’est ce qu’ on pourrait déduire des déclarations de Charles Kambanda professeur de la St. John’s University de la ville de New York dans la dernière édition de l’émission hebdomadaire Imvo n’Imvano du service bilingue kirundi et kinyarwanda de la BBC. Elle était consacrée à la crise diplomatique entre l’Afrique du Sud et le Rwanda.

(Allez directement à la 30e minute pour le passage concernant le chantage en question.)

A propos des accusations portées par les autorités de Kigali contre les dirigeants du parti Rwanda National Congress (Kayumba Nyamwasa, feu Patrick Karegeya et consorts), M. Kambanda avance que celles-ci auraient dû transmettre les dossiers (en bonne et due forme) de ces personnes aux autorités judiciaires sud-africaines pour qu’elles en jugent le bien fondé. Il a ajouté qu’on peut faire confiance au système judiciaire sud-africain parce qu’il est véritablement indépendant.

Mais, explique le professeur Kambanda, le régime Kigali fabrique des accusations contre toutes les personnes qui s’opposent à lui et qui se mettent hors de sa portée à l’étranger. Ce serait une indication que ces personnes sont effectivement persécutées par lui.

Toujours selon le professeur de l’Université de New York, lorsque de guerre lasse, les intéressés rentrent au pays, les porte-paroles du régime admettent que les accusations ne valaient rien, qu’ils s’étaient trompés ou que quelqu’un (leur) avait menti.

Pour Kambanda, à force de fonctionner ainsi, les partenaires du Rwanda n’accorderaient plus de crédit à ce genre d’accusations conditionnées par l’allégeance ou la résistance au régime.

Depuis de nombreuses années, les autorités de Kigali ont été accusées de se servir des accusations de génocide pour faire taire leurs opposants politiques mais il est aussi arrivé récemment que des accusations de génocide fondées et même des condamnations pour génocide ne soient pas suivies d’effets alors que les criminels présumés ou avérés étaient au Rwanda… à l’invitation du pouvoir !

NKB 01/04/2014

Il y a une quinzaine d’années, lorsque des individus de l’une de nos deux principales ethnies fuiaient on disait presque automatiquement qu’il avait détourné des fonds publics. Quand il s’agissait de personnes de l’autre ethnie, elles étaient accusées d’avoir pris part au génocide.

L’ancien premier ministre Pierre Célestin Rwigema est une illustration convaincante de ceci mais aussi de la thèse du Dr Charles Kambanda: Chef du gouvernement rwandais post génocide pendant 5 ans, il a été accusé notamment de génocide, en 2000 quand il s’est exilé, il est aujourd’hui lavé de tous soupçons et député pour le Rwanda au parlement de l’Afrique de l’Est.

– Dans ce débat de BBC Gahuza (kinyarwanda et kirundi), la position de Kigali était défendue par le professeur Venuste Karambizi, de l’Université Libre de Kigali.

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