La « prière » de Kagame: quels risques pour ses opposants


A propos de l’affaire Karegeya, le Président Paul Kagame a été très clair dans les commentaires qu’il a exprimés durant le petit déjeuner de prière d’hier. Il ne fallait pas que ses ministres – le premier ou le dernier – perdent leur temps et se fatiguent à réfuter que le gouvernement rwandais est responsable de la mort du colonel Patrick Karegeya mais qu’ils auraient dû agir eux-mêmes, si nécessaire, pour parvenir à ce résultat.

Le Chef de l’Etat rwandais a dit que les traîtres à leur pays devaient s’attendre à ce traitement tôt ou tard.

Alors le problème est tout d’abord qui détermine qui est un traître: Karegeya a-t-il été condamné à mort pour des attaques à la grenades dont l’accusait ses anciens compagnons, pour un éventuel projet de renverser le régime du FPR par la force ou pour des secrets compromettants dont il aurait été au courant (attentat contre l’avion de Juvénal Habyarimana, démantèlement violent des camps de réfugiés et guerres en RD Congo/Zaïre, exploitation des ressources naturelles congolaises, « assassinats ciblés », « opérations spéciales » diverses, etc.)  et qu’il était disposé à divulguer ?

Deuxièmement, M. Kagame a, dans les faits, donné carte blanche aux Rwandais fidèles du régime pour châtier les traîtres et autres ennemis du pays. Vont-ils d’abord demander à Kigali quel est le niveau de trahison de tel ou tel avant de passer à l’acte ou bien ils jugeront d’eux-mêmes sur le terrain qui il faudra abattre, quand, pourquoi et comment.

Kagame et ses services de renseignement et de sécurité savent qui les menace vraiment et donc ils connaissent les quelques personnes qu’il faudrait faire taire urgemment et définitivement (comme toutes les autres États qui se respectent et qui défendent leurs intérêts vitaux). Mais certains de leurs supporters trop enthousiastes (comme les nouveaux convertis) pourraient faire de l’excès de zèle et liquider tout qui manquerait un tant soit peu de respect au Chef et à son système.

Nous nous interrogeons pour les opposants déclarés mais aussi pour les indépendants. Ceux-ci pourraient être pris pour cible pour leurs critiques ou leur refus de s’aligner sur les thèses du Front patriotique rwandais version 2014 et de s’engager dans ses combats.

Bush Junior et d’autres avant lui disaient, celui qui n’est pas avec nous est contre nous. Il est à craindre que – face à l’adversité croissante (RDC, TZ, M23, FDLR, ONU, HRW, USA, UK, UE, RNC, FDU, AI, etc.) et suite à cette prière – ce soit dorénavant le leitmotiv au Rwanda aussi.

Prudence !

NKB 13/01/2014

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