Le colonel Serubuga arrêté en France


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Laurent Serubuga à l’époque du coup d’Etat de 1973. Il était major.

Le colonel Laurent Serubuga qui a été arrêté dans le nord de la France en fin de semaine dernière pour génocide  ne se cachait pas et nous avions eu l’occasion de le revoir il y a quelques années dans un tribunal belge où il témoignait au cours d’un procès de personnes accusées de génocide.
La dépêche de l’AFP publiée par The New Times dit de lui qu’il était chef d’Etat-major adjoint pendant le génocide de 1994 mais dans les faits, il l’a été pendant près de 20 ans au moment où le général-major Juvénal Habyarimana combinait les fonctions de chef de l’Etat, chef d’état-major, ministre de la défense, président du parti unique, etc.

Laurent Serubuga comme plusieurs autres officiers supérieurs dont Théoneste Bagosora sera mis à la retraite après l’instauration du multipartisme au Rwanda et Habyarimana cédera la direction de l’armée à Déogratias Nsabimana et celle de l’ancien parti unique à Mathieu Ngirumpatse.

Si certains activistes de la poursuite des suspects rwandais de crime contre l’humanité décrivent Serubuga comme un des cerveaux du génocide des Tutsi au Rwanda, le système judiciaire international qui a mis près de 20 ans à l’appréhender ne doit pas le mettre tout en haut de ces responsables. Si être en liberté n’est pas une preuve d’innocence, le fait de ne pas avoir été arrêté rapidement alors qu’on était disponible pour la justice indique que l’intéressé n’était pas une priorité ni pour les juges internationaux, ni pour ceux de son pays d’accueil. Le mandat d’arrêt en vertu duquel il est privé de liberté aujourd’hui a été délivré par Kigali.

En dehors de son rôle présumé dans le génocide des Batutsi au Rwanda, M. Serubuga est une des rares très hautes personnalités de la Seconde république (1973-1994) encore vivante et à ce titre, il mérite d’être écouté. Entendu est le terme qu’utilisent ces nouveaux hôtes. Son témoignage, s’il est disponible, pourrait nous éclairer sur cette période qui va de l’indépendance formelle vis à vis de la Belgique à la chute du régime que ce pays avait contribué à mettre en place. Une période considérée comme ayant mené au génocide par les nouvelles autorités mais qui est vue par d’autres – hors du Rwanda – comme la victoire des « masses populaires » contre les « féodo-monarchistes ».

NKB 14/07/2013

Première audience pour Serubuga à Douai (Voix de l’Amérique, 18/07/2013)

Colonel Serubuga arrested in France (AFP in The New Times 14/07/2013)

Le colonel Laurent Serubuga n’est pas mis en examen en France (Hirondelle News, 27/05/2013)

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