Ne dites pas coup d’Etat ou génocide, etc.


Les Etats Unis d’Amérique sont une grande démocratie qui a des principes et des valeurs qu’ils défendent dans le monde entier. Quand leurs représentants disent quelque chose c’est du sérieux et c’est pourquoi ils font très attention dans l’emploi de certains termes. Non pas parce que ces mots ou ces phrases ont de l’importance en soi mais parce qu’ils entraînent des conséquences.

Aujourd’hui face au renversement par l’armée d’un chef de l’Etat démocratiquement élu en Egypte, Washington ne prononce ni n’écrit le terme coup d’Etat pour qualifier ce qui vient de se passer. C’est bien un coup d’Etat militaire mais en ne le disant pas, ils évitent de devoir couper les vivres à leurs alliés dans l’armée putschiste comme les lois qu’ils ont eux-mêmes édictées les y oblige…raient.

Plus près de nous mais plus loin dans le temps, au printemps ’94 au Rwanda, devant l’ampleur des massacres qui ravagent le Pays des Mille Collines, mis à part quelques médias français et associés qui s’évertuent, dans la ligne de leurs autorités, à parler de massacres inter-ethniques; l’opinion internationale (Nations Unies, ONG des droits de l’homme ou de l’humanitaire, experts divers de bonne foi, etc.) évoque assez vite le génocide des Tutsis et Hutus modérés.

Les USA dirigés par Bill Clinton ne pensent pas le contraire mais l’exprimer est une démarche qui impliquerait une intervention militaire pour faire cesser le carnage. Le mot génocide sans accent en anglais va donc être tabou dans l’administration de l’époque.

Le Rwanda ne représente pas un intérêt stratégique ou économique vital pour la puissance mondiale donc on laissera la situation se « régler » d’elle-même. Quitte par la suite à reconnaître son erreur. Demander pardon coûte beaucoup mois qu’envoyer une armada pour empêcher la perpétration d’un crime contre l’humanité.

Pour ce qui est de l’Egypte, Washington ne doit ni couper l’aide militaire ni même dénoncer le… renversement du président Morsi puisque celui-ci est toujours considéré officiellement comme le chef de l’Etat démocratiquement élu dont on demande dans un premier temps le rétablissement rapide. Par la suite on s’accommodera du fait accompli, on demandera pardon pour ce qui était effectivement un coup d’Etat puis on priera pour le retour au processus et aux institutions démocratiques.

Amen !

NKB 04/07/2013

Coup d’Etat en Egypte: l’armée retient Morsi et son équipe (La Libre Belgique, 04/07/2013)
Morsi balayé par un coup d’Etat (BBC Afrique, 03/07/2013)

Assad: la crise en Egypte incarne « la chute » de « l’islam politique » (La Libre Belgique, 03/07/2013)

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