« Au Rwanda, nous ne parlons pas »


C’est ce qu’une dame a expliqué à Ally Yusuf Mugenzi du service kinyarwanda-kirundi de la BBC dans la dernière émission hebdomadaire « Imvo n’Imvano ». Celui-ci lui a fait remarquer qu’elle se contredisait puisqu’elle lui parlait franchement. La dame lui a dit que si l’interview se déroulait en public, elle lui dirait la même chose que la ministre chargée des réfugiés anciennement réfugiée en République du Congo qui a encouragé les réfugiés à rentrer au pays dans l’édition précédente de cette mission.

La dame a conseillé aux personnes qui aiment dire ce qu’elles pensent ou qui ne supportent pas les injustices de rester là où elles sont ou d’abandonner leur  tendance à s’exprimer librement si elles souhaitent rentrer.

Elle a expliqué que la liberté d’expression était incompatible avec la ligne des autorités.

Selon elle, les réfugiés ne devraient rentrer que si leurs conditions d’existence dans les pays étrangers sont pires que celles vécues au Rwanda  qu’elle juge déplorables pour la grande majorité des Rwandais.

A propos de Mme Victoire Ingabire, elle a confié qu’elle a eu peur pour elle lorsqu’elle est arrivée au Rwanda et qu’elle a continué à dire ce qu’elle disait à l’étranger. C’était avant qu’Ingabire ne soit arrêtée, jugée et condamnée à la prison.

Ce n’est pas un scoop, tout le monde vous le dira et les autorités rwandaises ne cachent pas qu’on ne peut pas dire n’importe quoi dans un pays aussi sensible que le Rwanda.

Il y a quelques années, une personne avait confié que pour vivre tranquille au Rwanda il fallait se séparer… de son intelligence… ne pas réfléchir, ne pas se poser des questions, ne pas les poser et surtout ne pas dire tout haut ce que vous pensez vraiment ou qui vous passe simplement par la tête.

Dans cette même émission vous entendrez, un jeune homme qui habite dans un quartier où 140 diplômés (du secondaire et au-dessus) sur 150 seraient sans emploi. Il a surpris l’intervieweur en lui parlant d’universitaires qui font du taxi-vélo ou qui fabriquent des briques pour survivre. Pour lui, il ne faut surtout pas rentrer. Lui-même guette la première occasion pour quitter le pays. Avant cela il lui faudra obtenir un passeport qui est, selon ses dires, trop cher.

En attendant, il mange un repas par jour 4 fois par semaine et le reste de la semaine il a ses 2 repas quotidien, ce qui le placerait, d’après ses dires, dans la catégories des pas trop mal lotis !

NKB 27/05/2013

Imvo n’Imvano 

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