La culpabilité de Justin Mugenzi n’a pas été prouvée


Des innocents au sein du « gouvernement génocidaire » ?!

520560_justin-mugenzi-le-6-novembre-2003-a-arusha (1)Treize ans après avoir été arrêté pour son implication présumée dans le génocide des Tutsis au Rwanda, Justin Mugenzi a été acquitté en appel des crimes dont il était accusé. En 2011, il y a moins de deux ans, il avait été condamné à 30 ans de prison.

Après plus de treize ans de procédures, le Tribunal pénal international pour le Rwanda n’est pas parvenu à prouver de manière incontestable (indubitable) – beyond any reasonable doubt – qu’il était coupable de ce qui lui était reproché pour la période concernée.

Son appartenance au gouvernement intérimaires dit des Abatabazi et à l’aile considérée pawa ( hutu power) du Parti libéral n’ont pas suffi a le faire condamner définitivement pour le pire des crimes.

Justin Mugenzi n’a pas toujours été un génocidaire présumé ou « simplement » un extrémiste, que du contraire : entre 1990 et 1993, Mugenzi faisait partie des Forces démocratiques du changement et il était un des plus convaincants et convaincus opposants au régime du président Juvénal Habyarimana.

Et puis le Rwanda a basculé. Le parti libéral qui rassemblait aussi bien des Tutsi  (en grand nombre) que des Hutu s’est scindé en deux factions l’une considérée comme Tutsi et donc pro-FPR et l’autre classée Hutu et donc anti-FPR ou pro-Hutu Power (MRND, CDR, MDR Pawa, etc.)

A la fin de l’année 1993, l’urgence n’était plus, pour certains démocrates présumés, de faire tomber le général-major Habyarimana mais d’empêcher l’autre général-major, Paul Kagame, de prendre le pouvoir par les armes. Le génocide des Batutsi aurait été une arme ultime pour y parvenir. Ultime et inutile parce que le pouvoir a bien changé de mains et en moins d’un an. Des centaines de milliers de personnes (jusqu’à un million) ont perdu la vie de manière atroce dans ce court laps de temps. Comme il fallait juger les responsables de cette tragédie sans nom, un tribunal a été mis en place et il s’est attelé à les traquer, à les juger et à les condamner.

La présomption d’innocence a été remplacée par la présomption de culpabilité de tout ceux qui de près ou de loin avait pris à l’éxécution du génocide des Tutsi. C’est ainsi que pratiquement toutes les autorités du régime précédents se sont retrouvées sur des listes de génocidaires – même des personnes décédées – et il fallait maintenant prouver qu’elles avaient pris part à la planification et/ou à l’organisation de l’extermination des Tutsi du Rwanda et des membres de l’opposition.

Prouver de manière définitive qu’il y a eu un plan pour ce génocide n’a pas été chose facile mais le tribunal y est parvenu après de longues années. Quant à prouver que tel individu suspect y a effectivement contribué s’est révélé tout aussi difficile si pas plus. Et c’est ce que nous voyons aujourd’hui.

NKB 11/02/2012

La question  que nous nous posons est : s’agit-il de l’innocence des suspects ou de l’incompétence de leurs juges ?

A Kigali, on répond que ce n’est ni l’un ni l’autre mais la négation flagrante du génocide des Tutsis.

Trial Watch Justin Mugenzi

Rwanda: Ibuka yakoze imyigaragambyo (BBC Greatlakes « Gahuza », 11/02/2013)

Ibuka yateguye urugendo rwamagana igirwa abere rya Mugiraneza na Mugenzi (Igihe, 10/02/2013)

Genocide convicts alarmed by ICTR acquittals (The New Times, 08/02/2013)

Me Karongozi : ‘‘La décision d’acquittement d’anciens ministres des Batabazi est lourde de conséquences’’ (Igihe, 08/02/2013)

The enigmatic ICTR does it again (TNT, 07/02/2013)

Ngoga accuses ICTR of double standards (TNT, 06/02/2013)

Ishyaka PL riramagana imikirize y’urubanza rwaregwagamo Mugenzi na Mugiraneza

Ibikorwa Arusha ni agasuzuguro katagereranywa -Dr Dusingizemungu
(Igihe, 05/02/12)

Rwanda shocked by ICTR acquittals (TNT, 05/02/2013)

Uko Ibuka yakiriye kugirwa abere ku byaha bya Jenoside kwa Mugenzi na Mugiraneza (Igihe, 04/02/2013)

Génocide: le tribunal pour le Rwanda acquitte deux ex-ministres en appel (Libération, 04/02/2013)

Le tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) a acquitté lundi en appel deux ex-ministres initialement condamnés notamment pour « entente en vue de commettre le génocide » de 1994, illustrant la difficulté de prouver comment a été planifié le massacre de 800.000 personnes.

Génocide au Rwanda : deux ex-ministres acquittés en appel (AFP, 04/02/2013)
ICTR acquits two ex-ministers (TNT, 04/02/2013)

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