Douce crise européenne et dure émergence africaine


Le Portugal est l’un des pays européens les plus affectés par la crise dite de l’Euro. En s’y rendant on pourrait s’attendre à être confronté à une misère visible dans les rues. C’est d’ailleurs la question que nous a posée au téléphone une connaissance bruxelloise lorsque nous y étions pour 24 heures.

La ville de Lisbonne grouille de touristes et d’ouvriers occupés à restaurer des immeubles pluri-centenaires, à réparer les routes. Elle est dotée d’un aéroport et d’un métro ultra-modernes et ultra-propres qui fonctionnent à merveille. Nous n’y avons pas vu beaucoup de clochards (les sans domiciles fixes).

Avec cette histoire de crise financière qui dure depuis de longs mois, on pourrait oublier qu’on a affaire à une société consommation. Et si ses habitants et ses autorités consomment et dépensent à crédit, c’est qu’elles sont, qu’elles ont été et qu’elles peuvent redevenir solvables. On ne prête qu’aux riches.

Nous avons quand même remarqué un peu partout des affiches et des banderoles qui appellent pour la grève générale du 14 novembre contre les mesures d’austérité .

Avant le Portugal, nous étions en Belgique où la crise de la zone fait aussi des « ravages » à peine visibles. Les mesures d’austérité locales devraient entraîner entre autres la réduction de nombreuses allocations (de chômage, familiales, etc.) et une plus grande vigilance pour débusquer les fraudeurs. On parle donc de diminution de ces avantages et pas de disparition. Il y a bien sûr de nombreuses pertes d’emploi consécutives à la fermeture d’usine qui ne peuvent plus produire pour un marché en crise.

Une des solutions pour les Portugais qui perdent leurs emplois ou qui n’en trouvent plus c’est d’aller voir ailleurs si l’herbe y est plus verte. Et cet autre part pour eux s’appelle l’Angola qui est depuis plusieurs années en plein boom grâce au pétrole qui y coule à flot comme en Guinée Equatoriale et – depuis bien longtemps – au Gabon.

Il y a du travail pour les étrangers qualifiés – plus de 40 000 Portugais ont émigré en Angola ces dernières années – mais pas pour beaucoup de locaux qui n’ont pas eu le temps d’être formés valablement en près de quarante d’indépendance.

Croissance , émergence sont des mots à la mode dans ces pays de la côte ouest mais aussi sur le reste du continent. Très récemment la capitale de l’un de ces « pays pétroliers », est restée sans électricité et aucune eau ne coulait de ses robinets, pendant plusieurs jours, nous dit-on.

Les ressources naturelles – essentiellement minières – ne manquent pas pour faire exploser les chiffres de croissance à coup de milliards de dollars qui rentrent dans les caisses de l’Etat. Puis dans les larges poches de certains. Des infrastructures coûteuses sont bâties un peu partout mais dans la vie quotidienne les populations n’émergent pas de la précarité due à l’absence des services de base (eau potable, électricité bon marché, soins de santé accessibles, formation, etc) .

Et pour prouver que la forte croissance africaine ne parvient pas au bas de l’échelle, au commun des mortels, une autre connaissance nous a fait part de dizaines de Maghrébins et autres compatriotes africains noyés récemment alors qu’ils tentaient de rallier non pas les zones en émergence pétrolière du continent africain mais les côtes de l’Europe en crise financière.

Douce crise, dure croissance.

NKB 03/11/2012

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