Le génocide a commencé – en fait – en ’59


Le matin du 7 avril, lors de la commémoration officielle à Bruxelles du génocide des Tutsis au Rwanda, M. Albert Gakumba Hangu le président d’Ibuka – Mémoire et Justice a prononcé son message de circonstance à la suite de l’allocution du ministre belge des Affaires étrangère Karel De Gucht.

Au cours de cet intervention, M. Gakumba a tenu a glissé que le génocide de 1994 qui était commémoré avait en fait commencé en 1959. Il n’a pas développé cette assertion qui semblait ne pas avoir été prévue mais il ne s’agit pas d’une première.

Le ministre De Gucht n’a pas bronché mais si ses connaissances de l’histoire du Rwanda sont à jour, il a dû se dire « Mais en ’59, le Rwanda était toujours sous tutelle belge et l’administration s’appuyait surtout sur l’aristocratie tutsie ! »

Le génocide des Tutsis qui aurait commencé en 1959 explique que M. Gakumba estime que tous les Tutsis du Rwanda où qu’ils soient et où qu’ils aient été au printemps 1994 sont des rescapés du génocide des Tutsis du Rwanda.

Considérer cette année de «  »la Révolution sociale » comme le démarrage du génocide des Tutsis au Rwanda, explique aussi que le régime de Kigali affirme aujourd’hui qu’en fait l’attaque d’octobre 1990 à partir de l’Ouganda visait à arrêter un génocide.

S’ il y a effectivement eu des massacres importants contre les Tutsis après 1959 sans oublier les déportations de certains d’entre eux vers des zones inhospitalières, dire qu’il s’agissait déjà d’un génocide qui devait mener mécaniquement à 1994 devra être démontré rigoureusement.

Que Grégoire Kayibanda ait déclaré un jour que ce serait la fin des Tutsis si les rebelles monarchistes prenaient la capitale de la République rwandaise, ne signifie pas qu’il avait en tête l’extermination de ceux qu’il considérait comme des hutus sociaux – les Tutsis de condition de modeste – et même les autres qui avaient reconnu le nouveau régime. Qu’il y ait eu des massacres et des assassinats au début et à la fin de l’ère Kayibanda est incontestable et doit être reconnu et condamné. Qu’ils aient fait partie d’un plan de génocide est discutable.

Un génocide aurait duré 35 ans et les victimes – les Tutsis restés au pays – ne s’en seraient pas rendu compte. Le chef de l’Etat actuel qui a visité sa tante la reine Gicanda au moins une fois à Butare, aurait séjourné dans un pays où un génocide avait lieu sans s’en rendre compte. Quant à la première dame, elle serait rentrée avec sa famille du Burundi au Rwanda dans les années 80 pour y vivre malgré qu’un génocide était en cours ?

Comparaison n’est pas raison : en ce qui concerne la Shoah, les Juifs ne font remonter son début ni à la crucifixion du Christ ni à la destruction du temple de Jérusalem et à leur dispersion dans l’Empire romain et au delà.

NKB 10/04/2009

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